31.03.2008
Valérie Blanchot-Courtois, la rebelle
Dans la série : « 3 ou 4 questions à …» . En fait, une galerie de portraits de femmes et d’hommes que je côtoie pour mon plus grand plaisir. Aujourd'hui, rencontre avec Valérie, la rebelle. Le développement durable, c’est son affaire.
Travailler avec Valérie Blanchot-Courtois est un vrai bonheur. La première fois que je l’ai rencontrée, - nous nous réunissions pour l’assemblée générale d’un groupe de femmes-, j’ai tout de suite compris qu’elle était la meilleure en tout. Elle manage une conversation ou une réflexion comme elle manage son entreprise : une société de conseils nommée Human Ventures. Avec elle, pas de pertes de temps, pas de bavardages, pas de cinéma, rien que du concret. Une écoute très fine et un esprit de synthèse comme j’en ai rarement croisé dans ma vie. Du dynamisme à revendre. Un goût certain de l’innovation. Une jolie façon de se projeter dans l’avenir, avec une qualité précieuse aujourd’hui : Valérie est un as en informatique. Une femme multiple donc, toute menue dans ses tailleurs sombres de cadre supérieure. La cerise sur le gâteau ? Un humour percutant.
Comment devient-on Valérie Blanchot-Courtois ?
1/ Ton métier me paraît si complexe que je ne sais pas le définir. Et toi, comment le définis-tu ?
Mon métier est d’aider – des salariés, des personnes individuelles - à lancer des activités économiques innovantes centrées sur leur valeur ajoutée et leur envie de créer, et ce en développant leur esprit d’entreprendre et en les connectant avec un réseau de facilitateurs.
J’exerce ce métier essentiellement à travers 4 vecteurs : une société de conseil que j’ai créée en 2004 (Human Ventures, l’énergie des hommes, la puissance de l’innovation ! dont la vision est de remettre l’Homme au cœur de l’économie), et 3 associations : agora energy (Vision : refonder les relations entre l’Homme et l’énergie en aidant les citoyens à changer de comportement vis-à-vis de l’énergie et en accélérant le lancement de start up de l’énergie), Femmes 3000 (augmenter la mixité dans les sphères économique, politique et sociale en donnant de la visibilité aux femmes, en les connectant entre elles et en accélérant leurs projets) et Côte d’Azur Pionnières (augmenter la mixité dans la vie économique en aidant les femmes à créer leur entreprise dans les services innovants). Auparavant, j’ai passé 12 ans en tant que cadre supérieur d’une grande entreprise de l’énergie où j’ai exercé de nombreux postes de management en rapport avec l’innovation…
2/Comment s'est forgé en toi ce pouvoir de conviction que tu as ?
Je suppose que c’est le fruit de 40 ans de réflexion et d’actions. J’ai toujours eu une soif d’apprendre, de découvrir de nouveaux horizons, de remettre en question mes acquis et de les approfondir par l’action, avec le souci d’une approche globale avec un esprit délibéré de décloisonnement. C’est surement mon esprit naturellement rebelle qui m’oblige également à tenter de créer autour de moi le monde tel que j’aimerais qu’il soit, ce qui ne peut se faire qu’à force de conviction … Etre convaincue soi-même est le meilleur atout qui soit pour convaincre les autres de vous suivre dans vos aventures …
3/ Nous nous sommes rencontrées dans un groupe de femmes et tu exerces la présidence d'une section située dans le midi de la France, comment as-tu vu évoluer tes adhérentes et qui sont-elles ? En fait, comment vois-tu évoluer les femmes qui t'entourent aujourd'hui.
Je préside effectivement depuis son lancement en mai 2006 Femmes 3000 Côte d’Azur dont le siège est situé à Sophia Antipolis, une technopole de renommée internationale construite il y a 35 ans à l’image de la Silicon Valley en Californie. Les femmes qui nous ont rejointes sont d’origines très diverses. Elles sont salariées, chefs d’entreprise ou ont créé leur propre emploi. D’autres sont à la recherche d’un emploi. Leurs secteurs économiques sont à l’image de la vie économique de la côte d’azur : haute technologie, services, conseil, coaching et enfin tourisme, pour l’essentiel d’entre elles. Nos adhérentes et sympathisantes partagent avec l’équipe Femmes 3000 Côte d’Azur l’envie de construire un monde où développement économique rime avec respect de soi, de l’autre et de l’environnement. Une conviction que le développement durable doit devenir une réalité plutôt qu’un rêve auto-proclamé et qu’elles ont un rôle à jouer pour le rendre possible.
4/ Une série télévisée s'intitule : Les femmes prennent le pouvoir. Penses-tu vraiment que les femmes sont en train de prendre le pouvoir ?
Il me semble que les femmes ont depuis longtemps pris le pouvoir … d’influence. Malheureusement, j’ai pu constater que ce type de pouvoir, précieux, est loin d’être suffisant car des changements plus radicaux sont à mener aujourd’hui. Il est nécessaire de passer au niveau supérieur du pouvoir, notamment du pouvoir économique. A l’heure où l’on découvre que le pilotage par le court terme est catastrophique pour l’Homme et la planète, les femmes, qui savent naturellement concilier court, moyen et long terme, ont effectivement un rôle crucial à jouer. Cela n’est pas un hasard si l’on constate aujourd’hui que les femmes ont investi massivement les postes de directrice du développement durable dans les entreprises. Même si ces postes sont aujourd’hui plus fonctionnels qu’opérationnels, ils prennent de plus en plus d’importance et influent sur la stratégie de développement des entreprises ; ils sont un tremplin vers des postes de direction, opérationnels cette fois. Une autre façon de prendre le pouvoir est de créer sa propre entreprise avec l’ambition de la faire grandir tout en préservant une éthique et des valeurs au féminin, même si cela reste un challenge, que l’on soit femme ou homme ! Quelques belles réussites existent aujourd’hui. A nous de prendre exemple sur elles.
13:45 Publié dans Trois questions... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Valérie Blnachot-Courtois, interview, femmes, politique, engagement, Maryse Wolinski, journalisme
09.03.2008
Trois questions à Michèle Gazier
Avant d’être critique littéraire et écrivain, Michèle Gazier est une amie de vingt ans. Un soir, sortant d’une réunion au cours de laquelle Betty Friedam avait présenté son dernier opus, j’avais dit à Michèle que je venais de rencontrer : « Tu as une flamme dans les yeux qui me révèle qu’un jour tu ne feras pas qu’écrire des critiques sur les livres des autres. »
Après sept romans et quelques nouvelles, elle vient de publier : Un Soupçon d’indigo. (Editions du Seuil)
1/ Quel a été le déclic pour l’écriture de ce roman ?
Michèle Gazier : Une phrase prononcée par je ne sais qui un jour que je m’inquiétais car nous avions laissé la voiture ouverte sur le parking de Grand Bourg, à Marie-Galante.
2/ Dans tes romans, tu es toujours au plus près de l’histoire familiale, dans celui-ci, quelle part pour l’histoire familiale et pour la fiction ?
Michèle Gazier : je pense que je serai toujours obsédée par la mort violente de mon grand père dont le corps repose dans le fond d’un barrage. Je crois que les problèmes de dépression de ma mère à qui l’on n’a jamais rien dit, continuent à m’obséder. Alors, j’ai reformé une famille dont le grand-père disparaît. Mais c’est plus pour me dire que je n’oublie pas que pour ajouter un élément à l’histoire.
3/ Marie-Galante, est-ce pour toi, comme pour moi, le personnage principal de ce roman ?
Michèle Gazier : oui, Marie-Galante est le centre de cette histoire. Je crois que j’avais envie d’écrire sur une île, ronde environ de 15kms de diamètre où le temps semble suspendu, où l’histoire affleure sans cesse. Les îles sont des terres à part. A la fois ouvertes sur tous les horizons, tous les rêves, et fermées, bouclées sur elles-mêmes.
4/ Sur quoi travailles-tu aujourd’hui ?
Michèle Gazier : je travaille sur l’œuvre d’une potière, peintre sur poterie exactement, morte à l’âge de 46 ans. Une amie qui était aussi celle de cette potière et le mari de cette dernière m’ont demandé de les aider à concevoir un livre sur elle et son œuvre. Désir de laisser une trace de cette vie créative si brève. J’ai accepté. Et j’essaye d’écrire au plus près de ces femmes qui dansent sur des poteries rondes comme des globes terrestres. J’aime écrire à l’ombre d’une autre création : peinture, sculpture, dessin…
13:05 Publié dans Trois questions... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Michèle Gazier, interview, littérature, critiques, travail, journalisme, politique







