08.07.2009
Marion Mercier
Pour en savoir plus sur ce très beau métier de costumière, j’ai interviewé Marion. Trois heures durant et nous aurions pu continuer à bavarder jusqu’à la tombée de la nuit, tellement la conversation était riche. D’abord, physique de Marion : silhouette fine montée sur de superbes jambes, visage franc, fier, nature et une chevelure cuivrée qui pourrait lui descendre jusqu’aux reins si elle ne l’enserrait pas dans une barrette. Avec Marion, soit on a le coup de cœur, soit on est refroidi. Moi, ça a été le coup de foudre !
Comment devient-on la costumière du chorégraphe Jean-Claude Gallotta ?
Marion Mercier : Ado, j’ai commencé à travailler avec mes parents, tous deux architectes, sur des maquettes. Puis, ma grande tante m’a légué sa machine à coudre. Une machine à pédales qui a fait mon bonheur. D’autant que ma grand-mère, une femme très élégante, m’a légué, elle, dans le même temps, de très belles coupes de tissus. J’ai créé des fringues, - créer, le bonheur ! En 76, la municipalité de Grenoble avait eu la bonne idée d’organiser durant l’été « la ville en fête ». Il y avait des spectacles partout. Et là, j’ai découvert le « spectacle vivant », le théâtre, la danse, la scène, les artistes, les beaux textes et ceux qui les montaient. J’étais fascinée. Ma vie était là, quelque part…Après avoir goûté à un autre style de création, la céramique, et suivi une formation, je me suis lancée et j’ai proposé des croquis à l’atelier de costumes du théâtre municipal. Le chef costumier a fini par m’embaucher et en 78, j’ai débarqué dans la Compagnie Emile Dubois qu’avait fondée Jean-Claude Gallotta.
Quelle place occupe la costumière dans une compagnie ?
Marion Mercier : Tout dépend de la compagnie et de la personne qui la dirige. Une costumière n’est pas une habilleuse ! Parce que souvent nous sommes prises pour des habilleuses, tapies dans les coulisses. Certes, c’est aussi notre travail mais au départ, nous créons les costumes des danseurs. Une pièce de danse en tenues de répétitions, joggings, caleçons, marcel et autres, n’a rien à voir avec une pièce en costumes. C’est donc que le costume joue aussi son rôle dans le succès d’une pièce. Maintenant, il faut encore disposer d’une certaine liberté pour mettre en valeur ses idées. Et moi, quand ça coince, je pars.
A quel moment intervient la costumière ?
Marion Mercier : Je réfléchis d’abord autour du projet, une fois qu’il est conçu. Puis, quand les premiers filages ont eu lieu, ça devient plus concret. On peut estimer que la conduite du spectacle est en place. Et là, j’aime bien qu’on ne me dise rien, je regarde, j’écoute et je dessine. Pendant les filages, je suis à côté de Jean-Claude et nous échangeons nos idées, nous les commentons. Couleur des chaussures, ceinture ou pas aux pantalons, longueurs des ourlets, décolletés des robes… Quand la chemise dépasse de 2 ou 3 cm, ça ne raconte pas la même chose. Ensuite, c’est le travail dans l’atelier.
Trente ans de pratique, c’est le bonheur ?
Marion Mercier : Oui, mais à condition de ne pas se laisser faire et d’être toujours en lutte ! Le bonheur c’est aussi ma propre compagnie : Les Phosphorescents, dont je partage l’organisation avec une amie peintre et plasticienne. Dans notre compagnie, nous mélangeons les arts plastiques et les arts vivants. Nous faisons tout des textes à la mise en scène en passant bien sûr par les costumes, les vidéos etc… Et je m’occupe aussi des ateliers Marianne, créés il y a une dizaine d’années. Ce sont des chantiers d’insertion par le costume et le décor. Nous accueillons des jeunes à partir de 18 ans, des jeunes qui cherchent leur voie, mais aussi des adultes en difficultés sociales. Chaque atelier comprend 8 personnes, salariées, qui vont se former pendant 6 ou 18 mois. Les ateliers de Marianne travaillent en particulier pour les petites compagnies de théâtre, les conservatoires, les ateliers théâtre des collèges. Camille, notre petite dernière entrée dans l’atelier de la Compagnie Gallotta, sort d’un tel atelier. Et maintenant, certains soirs, elle peut me remplacer, ou remplacer Anne, avec laquelle je partage ce travail depuis vingt ans !
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16.04.2009
Shobhaa Dé

Journaliste et romancière, comme moi, Shobhaa Dé, que j’ai eu le plaisir de rencontrer lors de mon passage à Bombay, invitée par l’Alliance Française, est best seller en Inde depuis son premier roman. Dans les rues de Bombay, les passants se retournent sur elle et pas seulement parce qu’elle est belle – et elle est vraiment belle, notons qu’elle fut mannequin un temps de sa vie -, mais parce qu’elle est très médiatisée. Presse écrite, télévision, Shobhaa est présente là où il faut être. Chroniqueuse régulière du Times of India, elle est connue pour ne jamais mâcher ses mots. Qu’elle s’exprime sur les femmes, le sexe ou la politique, pour Shobhaa, un chat est un chat. Et devant personne, le beau regard perçant et volontaire ne se baissera. Une vraie personnalité, Shobhaa, avec laquelle je partage certains points communs et bien des affinités. Que ses romans et sa prose choquent, déplaisent, que les critiques aiguisent leurs arguments, de parution en parution, le succès est toujours au rendez-vous. Son dernier roman : Superstar India, comme le premier : Second Thoughts. Parce que le talent de Shobhaa, c’est avant tout de savoir s’adresser, de savoir toucher, un très large public de lecteurs. En particulier de lectrices.
Dès que je l’ai vue dans ce charmant salon de thé de Bombay où nous avions rendez-vous, j’ai tout de suite eu envie de lui poser mille questions. Elle a commandé un café, moi un thé chaï et la conversation aurait ainsi pu durer jusqu’à la nuit.
1/ Comment est venu le goût de l’écriture ?
Shobhaa Dé : j'entretiens depuis toujours une relation amoureuse avec les mots. Depuis l’âge de 12 ans, j'écris un journal. La littérature est, pour moi, une célébration de la vie. Ecrire c’est être en vie. Et la vie coule plus que jamais dans les veines de cette beauté divine qui ne passe pas un jour sans s’attabler et faire courir la plume sur une feuille. Mais au début, écrire, c’était chroniquer l’actualité, la vie, les femmes et les lois ancestrales qui les gouvernaient encore. Dans le regard comme dans la plume, le combat est toujours présent. Et puis…
2/ Et l’idée d’écrire le premier roman ?
Shobhaa Dé : L’écriture de la fiction, c’est comme le mannequinat ou même le mariage. À l’origine, il y a toujours une rencontre, et particulièrement une rencontre avec un homme intelligent. Intelligent et étranger jusque-là à sa vie. Elle se promène au Taj Mahal, un passant la regarde, l’observe un temps et lui propose d’être mannequin. Plus tard, après le mariage qui ne sera pas commenté, un homme lui téléphone : il est à l’initiative de la version indienne de Pinguin book. Il a lu les chroniques de Shobhaa et lui propose d’écrire un livre sur Bombay, sur la ville. Quel ennui ! Elle veut bien s’essayer à l’écriture d’un livre mais un roman, pas un document sur une ville. Mais comment écrit-on un livre, demande-t-elle, naïvement. « Il fut mon Salieri », affirme-t-elle, de cet éditeur chanceux. Un mois plus part, à nouveau, il téléphonait pour venir aux nouvelles. Shobhaa n’avait pas écrit une ligne et l’éditeur insistait pour débarquer chez elle et lire. C’est alors qu’elle se lance un défi : « Vous arrivez dans combien de temps », questionne-t-elle. « Il me faut 45 mn pour traverser la ville, » réponse de Monsieur Pinguin Book. Elle cherche partout un crayon, un stylo, elle tombe sur son eye-liner, s’en empare, sous la main, pas de feuille, un sac à linge servira de papier. Et dans le feu de l’urgence, les idées se bousculent. Elle note, note et prend conscience qu’elle vient d’écrire le plan de son roman, de coucher noir sur blanc ses personnages : une femme bien sûr, des hommes, bien sûr.
Ensuite, il lui a fallu neuf mois pour écrire le mot fin, comme pour un bébé. Et la parution a connu d’emblée le succès. Elle estime avoir ouvert la voie à de nombreuses femmes écrivains dans son pays et permis la reconnaissance de l’écriture féminine. Ainsi a-t-elle écrit 15 livres dont 7 romans.
3/ Quels sont ses rites et ses sources d’inspiration ?
Shobhaa Dé : Les rites d’abord : elle y tient. Chaque jour de sa vie, elle écrit environ trois à quatre feuillets. Dans le chaos total parce que le chaos c’est stimulant. Le chaos, c’est la famille, mari, enfants, qui ne se gênent pas pour la déranger et tous ceux qui entrent et sortent dans sa maison où tout est toujours en mouvement.
Les sources d’inspiration : le présent, l’actualité. Shobhaa est une grande lectrice des faits-divers dans les journaux mais aussi une grande observatrice quand elle se promène dans la rue. Ce qui est important, c’est, à travers le roman, de faire progresser les mentalités. Et elle est persuadée d’y parvenir. Souvent ses lectrices lui disent : « Vous avez lu dans mon esprit, vous avez raconté mon histoire. »
Maryse Wolinski
L’actualité de Shobhaa : elle écrit un roman-document, Simply Sixteen, et l'un de ses premiers romans : Starry Nights, sera traduit en français et publié en janvier 2010 aux éditions Acte Sud. Enfin l’ensemble de son œuvre en anglais est publié chez Pinguin.
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25.02.2009
Anne de Thoisy-Dallem
Cinq questions à Anne de Thoisy-Dallem - Conservatrice du musée de la Toile de Jouy
Quelles qualités faut-il pour diriger un musée comme celui de la Toile de Jouy ?
Anne de Thoisy-Dallem : <strong>Caractère : de la patience (je n’en ai aucune), de la passion (j’en ai beaucoup), de l’ordre (je n’en ai pas du tout), de la volonté (j’en ai beaucoup), de l’abnégation (je n’en avais pas beaucoup mais ça vient tout doucement), de la diplomatie (alors là, c’est pas terrible…), le sens de la persuasion et l’envie de convaincre (que j’ai à un haut degré).
Talents : connaissances en histoire, histoire de l’Art, histoire des techniques. Qualités rédactionnelles, esprit de synthèse, sens du travail en équipe. Pratique de langues étrangères.
Savoir anticiper, savoir nouer des liens et créer des réseaux intellectuels et amicaux autour du musée.
D’autre part, savoir garder ses amis et avoir une famille soudée pour pouvoir encaisser les déconvenues et la solitude, souvent, de ce métier dont le sens est difficile à expliquer aux administratifs dont nous dépendons. Dépenser son temps sans compter.
Quelle est l’origine de ce musée et quand a-t-il été ouvert ?
Anne de Thoisy-Dallem : <Le musée a été créé en 1977 suite à la volonté du maire de l’époque Jacques Toutain et à l’acharnement de la première conservatrice, l’admirable, et inconnue, Josette Brédif. Au début, un fonds ancien avait été donné à la ville par des descendants d’Oberkampf, fondateur de la célèbre manufacture des toiles de Jouy : toiles, tableaux, échantillons textiles.
Aujourd’hui, le musée avoisine les 10000 pièces textiles, ou autres objets, et il est connu dans le monde entier.
Comment est venue l’idée de cette dernière exposition concernant les montgolfières ?
Anne de Thoisy-Dallem : < Suite à une présentation des toiles de Jouy décorées de Ballons dans le cadre des Journées du Patrimoine, en juin 2007 (qui faisait elle-même suite à la création d’un musée virtuel sur le thème de l’espace organisé par le Centre National d’Etudes Spatiales), j’ai rencontré Monsieur Pierre Muller venu au musée pour me présenter sa très belle collection d’objets d’art décoratif (mobilier en marqueterie, éventails, faïences, textiles, verrerie, porcelaines, gravures, peintures…). Avec son ami Denis Quênot, nous avons décidé d’organiser ensemble une exposition sur le sujet que nous avons baptisée « Voyages en ballon. L’aérostat dans les arts décoratifs aux XVIIIe et XIXe siècles ».
Quel était l’objectif de cette manifestation ?
Anne de Thoisy-Dallem : < Montrer, avec une partie importante sur les toiles imprimées au ballon appartenant au musée de la Toile de Jouy mais aussi au musée de l’Air et de l’Espace, au musée de l’Impression sur étoffes de Mulhouse, la communauté d’inspiration entre tous les arts décoratifs et l’incroyable variété d’objets qu’a su inspirer ce thème.
Faire venir, grâce à une collection privée de très grande qualité, des textiles complètement inédits et un thème séduisant, un public plus nombreux et plus diversifié.
Que raconte cette exposition ?
Anne de Thoisy-Dallem : < :Cette exposition raconte la fabuleuse histoire de la première conquête de l’Air à travers des objets souvent rares et toujours poétiques.
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06.07.2008
Marylin Alasset
Metteur en scène, scénographe et éclairagiste, Marylin Alasset a mis en scène Histoires nomades de Catherine Atlani au Café de la danse, Le plus beau de lhistoire de Christian Rullier avec Christiane Cohendy au théâtre de Vidy (Lausanne) et au festival de la Batie (Genève), ODNI au CDN de Lorraine avec Catherine Richet, Cest à dire de Christian Rullier (co-mise en scène avec Christiane Cohendy) au CDN de Reims, repris à lOdéon (Paris), Le Chemin des troubadours à la Maison Maria Casarès (Alloue), B+B=A au Théâtre des deux rives (Charenton). Elle crée lumières et scénographies pour plusieurs festivals dart et de chanson à Dublin, Cracovie,Varsovie, Istanbul,Tokyo... Elle enseigne au CEFEDEM de Poitiers. Elle s'est emparé de mon roman : Le maître d’amour, et a conçu avec Jean-Claude Gallota et son dramaturge, Claude-Henri Buffart, un spectacle à partir de l’adaptation de mon roman.
1/ Pourquoi as-tu eu envie de travailler sur Le Maître d’amour ?
Marylin Alasset : Parce que ce roman mettait en scène la complexité de l’amour. Qui aime qui ? Qui est qui ? Le trouble du Genre (gender) y est traité sur le ton du romanesque d’un road-movie enfièvré.
2/ Comment le chorégraphe Jean-Claude Gallota est-il arrivé dans ce projet et qu’elle a été sa réaction ?
Marylin Alasset : De mon désir d’associer immédiatement à ce projet un chorégraphe dont j’aimais le travail. Pour le métissage que je souhaitais entre la danse et le théâtre, il m’est apparu être le partenaire idéal. Après lecture du roman et du projet, il s’est montré enthousiaste et prompte à prendre la décision d’en faire une pièce à laquelle il associe sa compagnie.
3/ Travailler avec Gallota et moi, était-ce un désir ?
Marylin Alasset : Ma rencontre avec toi m’a donné envie immédiatement de trouver l’idée et le projet pour que nous puissions travailler ensemble et surtout pour te mettre en scène. Quant à Gallota, une complicité artistique s’est rapidement mise en place. J’apprécie son talent, son humour, son duo de travail et d’amour avec Mathilde, sa femme, sa générosité d’homme et d’artiste.
4/ Où en est le projet ?
Marylin Alasset : Ce qui est sûr c’est que tu seras en scène dans ton propre rôle, celui de l’auteur, détentrice du texte originel, entourée de danseurs-comédiens. Les dates de répétition sont arrêtées pour janvier 2009 et dès cet automne, nous travaillons avec Claude-Henri Buffart sur la continuité du texte.
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31.03.2008
Valérie Blanchot-Courtois, la rebelle
Dans la série : « 3 ou 4 questions à …» . En fait, une galerie de portraits de femmes et d’hommes que je côtoie pour mon plus grand plaisir. Aujourd'hui, rencontre avec Valérie, la rebelle. Le développement durable, c’est son affaire.
Travailler avec Valérie Blanchot-Courtois est un vrai bonheur. La première fois que je l’ai rencontrée, - nous nous réunissions pour l’assemblée générale d’un groupe de femmes-, j’ai tout de suite compris qu’elle était la meilleure en tout. Elle manage une conversation ou une réflexion comme elle manage son entreprise : une société de conseils nommée Human Ventures. Avec elle, pas de pertes de temps, pas de bavardages, pas de cinéma, rien que du concret. Une écoute très fine et un esprit de synthèse comme j’en ai rarement croisé dans ma vie. Du dynamisme à revendre. Un goût certain de l’innovation. Une jolie façon de se projeter dans l’avenir, avec une qualité précieuse aujourd’hui : Valérie est un as en informatique. Une femme multiple donc, toute menue dans ses tailleurs sombres de cadre supérieure. La cerise sur le gâteau ? Un humour percutant.
Comment devient-on Valérie Blanchot-Courtois ?
1/ Ton métier me paraît si complexe que je ne sais pas le définir. Et toi, comment le définis-tu ?
Mon métier est d’aider – des salariés, des personnes individuelles - à lancer des activités économiques innovantes centrées sur leur valeur ajoutée et leur envie de créer, et ce en développant leur esprit d’entreprendre et en les connectant avec un réseau de facilitateurs.
J’exerce ce métier essentiellement à travers 4 vecteurs : une société de conseil que j’ai créée en 2004 (Human Ventures, l’énergie des hommes, la puissance de l’innovation ! dont la vision est de remettre l’Homme au cœur de l’économie), et 3 associations : agora energy (Vision : refonder les relations entre l’Homme et l’énergie en aidant les citoyens à changer de comportement vis-à-vis de l’énergie et en accélérant le lancement de start up de l’énergie), Femmes 3000 (augmenter la mixité dans les sphères économique, politique et sociale en donnant de la visibilité aux femmes, en les connectant entre elles et en accélérant leurs projets) et Côte d’Azur Pionnières (augmenter la mixité dans la vie économique en aidant les femmes à créer leur entreprise dans les services innovants). Auparavant, j’ai passé 12 ans en tant que cadre supérieur d’une grande entreprise de l’énergie où j’ai exercé de nombreux postes de management en rapport avec l’innovation…
2/Comment s'est forgé en toi ce pouvoir de conviction que tu as ?
Je suppose que c’est le fruit de 40 ans de réflexion et d’actions. J’ai toujours eu une soif d’apprendre, de découvrir de nouveaux horizons, de remettre en question mes acquis et de les approfondir par l’action, avec le souci d’une approche globale avec un esprit délibéré de décloisonnement. C’est surement mon esprit naturellement rebelle qui m’oblige également à tenter de créer autour de moi le monde tel que j’aimerais qu’il soit, ce qui ne peut se faire qu’à force de conviction … Etre convaincue soi-même est le meilleur atout qui soit pour convaincre les autres de vous suivre dans vos aventures …
3/ Nous nous sommes rencontrées dans un groupe de femmes et tu exerces la présidence d'une section située dans le midi de la France, comment as-tu vu évoluer tes adhérentes et qui sont-elles ? En fait, comment vois-tu évoluer les femmes qui t'entourent aujourd'hui.
Je préside effectivement depuis son lancement en mai 2006 Femmes 3000 Côte d’Azur dont le siège est situé à Sophia Antipolis, une technopole de renommée internationale construite il y a 35 ans à l’image de la Silicon Valley en Californie. Les femmes qui nous ont rejointes sont d’origines très diverses. Elles sont salariées, chefs d’entreprise ou ont créé leur propre emploi. D’autres sont à la recherche d’un emploi. Leurs secteurs économiques sont à l’image de la vie économique de la côte d’azur : haute technologie, services, conseil, coaching et enfin tourisme, pour l’essentiel d’entre elles. Nos adhérentes et sympathisantes partagent avec l’équipe Femmes 3000 Côte d’Azur l’envie de construire un monde où développement économique rime avec respect de soi, de l’autre et de l’environnement. Une conviction que le développement durable doit devenir une réalité plutôt qu’un rêve auto-proclamé et qu’elles ont un rôle à jouer pour le rendre possible.
4/ Une série télévisée s'intitule : Les femmes prennent le pouvoir. Penses-tu vraiment que les femmes sont en train de prendre le pouvoir ?
Il me semble que les femmes ont depuis longtemps pris le pouvoir … d’influence. Malheureusement, j’ai pu constater que ce type de pouvoir, précieux, est loin d’être suffisant car des changements plus radicaux sont à mener aujourd’hui. Il est nécessaire de passer au niveau supérieur du pouvoir, notamment du pouvoir économique. A l’heure où l’on découvre que le pilotage par le court terme est catastrophique pour l’Homme et la planète, les femmes, qui savent naturellement concilier court, moyen et long terme, ont effectivement un rôle crucial à jouer. Cela n’est pas un hasard si l’on constate aujourd’hui que les femmes ont investi massivement les postes de directrice du développement durable dans les entreprises. Même si ces postes sont aujourd’hui plus fonctionnels qu’opérationnels, ils prennent de plus en plus d’importance et influent sur la stratégie de développement des entreprises ; ils sont un tremplin vers des postes de direction, opérationnels cette fois. Une autre façon de prendre le pouvoir est de créer sa propre entreprise avec l’ambition de la faire grandir tout en préservant une éthique et des valeurs au féminin, même si cela reste un challenge, que l’on soit femme ou homme ! Quelques belles réussites existent aujourd’hui. A nous de prendre exemple sur elles.
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09.03.2008
Trois questions à Michèle Gazier
Avant d’être critique littéraire et écrivain, Michèle Gazier est une amie de vingt ans. Un soir, sortant d’une réunion au cours de laquelle Betty Friedam avait présenté son dernier opus, j’avais dit à Michèle que je venais de rencontrer : « Tu as une flamme dans les yeux qui me révèle qu’un jour tu ne feras pas qu’écrire des critiques sur les livres des autres. »
Après sept romans et quelques nouvelles, elle vient de publier : Un Soupçon d’indigo. (Editions du Seuil)
1/ Quel a été le déclic pour l’écriture de ce roman ?
Michèle Gazier : Une phrase prononcée par je ne sais qui un jour que je m’inquiétais car nous avions laissé la voiture ouverte sur le parking de Grand Bourg, à Marie-Galante.
2/ Dans tes romans, tu es toujours au plus près de l’histoire familiale, dans celui-ci, quelle part pour l’histoire familiale et pour la fiction ?
Michèle Gazier : je pense que je serai toujours obsédée par la mort violente de mon grand père dont le corps repose dans le fond d’un barrage. Je crois que les problèmes de dépression de ma mère à qui l’on n’a jamais rien dit, continuent à m’obséder. Alors, j’ai reformé une famille dont le grand-père disparaît. Mais c’est plus pour me dire que je n’oublie pas que pour ajouter un élément à l’histoire.
3/ Marie-Galante, est-ce pour toi, comme pour moi, le personnage principal de ce roman ?
Michèle Gazier : oui, Marie-Galante est le centre de cette histoire. Je crois que j’avais envie d’écrire sur une île, ronde environ de 15kms de diamètre où le temps semble suspendu, où l’histoire affleure sans cesse. Les îles sont des terres à part. A la fois ouvertes sur tous les horizons, tous les rêves, et fermées, bouclées sur elles-mêmes.
4/ Sur quoi travailles-tu aujourd’hui ?
Michèle Gazier : je travaille sur l’œuvre d’une potière, peintre sur poterie exactement, morte à l’âge de 46 ans. Une amie qui était aussi celle de cette potière et le mari de cette dernière m’ont demandé de les aider à concevoir un livre sur elle et son œuvre. Désir de laisser une trace de cette vie créative si brève. J’ai accepté. Et j’essaye d’écrire au plus près de ces femmes qui dansent sur des poteries rondes comme des globes terrestres. J’aime écrire à l’ombre d’une autre création : peinture, sculpture, dessin…
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