11.11.2009

Lait noir de Elif Shafak

Elif_Shafak_Lait_noir.jpgIl était urgent d’écrire ce livre. Pour l’auteure, Elif Shafak, jeune écrivaine turque à succès, et pour toutes les femmes, oscillant entre le désir d’être mère et celui de rester femme. Elif a commencé par mener une enquête sur le désir de maternité des femmes écrivains et leur passage ou non à l’acte. Convoquées, Simone de Beauvoir, Jane Austen, Anaïs Nin, Sylvia Plath, Doris Lessing n’encouragent pas notre enquêtrice à devenir ce que l’une de ses voix intérieures définit comme « trapéziste », écrivain et mère à la fois.  Ecrire, c’est prendre et voler, les écrivains sont en quête de matériaux, réagit Elif, tandis que la maternité est un don. Décision prise, elle n’enfantera pas, peur de ne plus être en accord avec son cerveau. Mais voilà que l’amour est un philtre qui rend possible l’impossible. Et Elif de cesser d’être en guerre avec son corps et le chœur de ses voies intérieures. Elle se prépare à attendre l’enfant annoncé. Plus le ventre grossit, plus les peurs s’amplifient. Ecritures, lectures, ont disparu de ses envies. Corps, esprit, tout est dissocié, morcelé. Et bébé vint ! Avec un baby blues qui se transforme en une dépression qu’aucune chimie ne peut catapulter. Bébé pleure, mais elle aussi.

De ces interrogations sur la maternité et de cette dépression post-natale vécue dans la douleur, Elif Shafak fait un roman subtil, avec ses voies intérieures façonnées comme autant de petits personnages magiques et non dénués d’humour. Reste que jouer les « trapézistes » n’est pas une sinécure !

Lait noir de Elif Shafak, Phébus, traduit du turc par Valérie Gay-Aksoy

Commentaires

Bonjour,
J'ai découvert votre blog un peu par hasard, en le parcourant, je me suis attardé sur cet article.
Vous m'avez donné très envie de découvrir ce livre, qui d'ailleurs m'interpelle énormément.
Je suis mère de 4 enfants, et c'est grâce à tous les baby blues que j'ai vécue, que mon désir d'écrire s'est vite confirmé. J'écris avec aisance, depuis mon enfance, dans ma langue maternelle, l'espagnol. J’ai même consacrée un blog pour rédiger les mémoires de mes enfants, une sorte de journal de vie, qu’ils décrypteront une fois arriver à l'âge adulte. Lors de la naissance de mon deuxième enfant, l'envie d'écrire est devenue très forte. C'est avec la naissance de mon troisième enfant, ma fille, qui l'écriture s'installé définitivement chez moi.
Mon rêve d'aujourd'hui c'est de pouvoir m'engager dans l'écriture. Si j'arrive en plus à le faire en français ça serais l'accomplissement total :-)
Merci pour cet extrait et pour votre blog d’ailleurs

Ecrit par : Acevedo | 09.02.2010

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