08.11.2009

Les Femmes au bain de Leïla Sebbar

les-femmes-au-bain-b_50929803vb.png

 

Le premier roman de Leïla Sebbar, l’auteur d’un petit livre plein de saveur : Les Femmes au bain, s’intitulait : Fatima ou Les Algériennes au square. Une bonne vingtaine de publications ont suivi. Ce qu’elle aime, Leïla, c’est faire parler les femmes. Et notamment les femmes de ce pays, l’Algérie, dont elle ne connaît pas la langue mais dont seul, son père est originaire. Romans, récits, nouvelles, où les héroïnes, au fil des mots toujours expressifs, souvent poétiques, deviennent de merveilleuses conteuses, voire de rusées magiciennes. Dans ce roman : Les Femmes au bain, une fois encore, elle écoute ce que lui chantent ses souvenirs, ce que propagent en elle les échos de ses gênes, ce qu’elle sait aussi des longues séances au Hammam, ce lieu où les femmes arabes retrouvent la liberté de parole. Elles bavardent, elles jacassent, ces héroïnes souvent anonymes, elles s’enivrent de ces mots qui leur donnent des frissons et les rendent plus belles que belles : désir, plaisir, amour sauvage, volé, interdit, tabou. L’amour partagé avec un homme rêvé, jeune toujours, et beau, bien sûr. L’amant magnifique, le fulgurant, qui leur fait écarquiller les yeux mais que les pères, les maris, les frères, traîneront en prison. Des hommes, elles ne veulent connaître que lui. Les autres, pères, maris, frères, les soumettent, leur enlèvent leur beauté, leur volent leur pureté. Récits épars, de voix, jeunes ou vieilles, mêlant des légendes qui respirent le poids des ans et des histoires d’aujourd’hui comme calquées sur les légendes. Récits de combat et de résistance sous le couvert de la soumission.

Ecrire un commentaire