14.10.2009

Rentrée littéraire

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 Si, pendant l’été, le contenu de mon blog avait un goût de réchauffé, c’est que j’étais dans l’impossibilité d’écrire sur l’actualité. Pourquoi ?

Je déménageais et j’emménageais. Deux mois à vider des cartons de livres dans des bibliothèques encore inexistantes. J’empilais. J’empilais. Souvent, j’attrapais une chaise et pendant deux heures d’affilée, je relisais avec bonheur un roman lu quinze ans plus tôt. J’ai même fait quelques belles découvertes.

 

 

Alors vive la rentrée et quelle rentrée ! J’ai envie de tout lire. Enfin, je ne citerai pas ce qui marche très fort et que je n’ai pas, mais alors pas du tout, l’intention de lire. Non, vous vous trompez, ce n’est pas le Roman Français de Beigbeider ! Il est dans ma pile mais je ne l’ai pas encore ouvert. En revanche, Laurent Mauvignier, Marie Ndiaye, Martin Winckler, Anne Wiazemsky, Elif Shafak, et pourquoi pas Véronique Ovaldé, et bien sûr Philip Roth… Belle moisson d’automne.

 

 

 Le premier roman sur lequel je me suis jetée dès sa sortie, c’est Trois femmes puissantes.

 

 

 Dans le dernier roman de Marie Ndiaye, Trois Femmes puissantes, il y a en fait quatre femmes, originaires du Sénégal : Marie, Norah, Fanta et Khady. La plus puissante, c’est Marie. Le Sénégal, c’est le pays de son père. Marie, l’auteure, la créatrice, déesse féconde, qui a porté les trois autres, des sœurs africaines, des femmes déplacées, dans un contexte d’invasion du mal. Le mal représenté par les hommes. Pour Norah, c’est le père remarquable dans sa perversité. Fanta, décrite à travers le filtre de Rudy, son mari, est victime, elle, du mensonge de Rudy sur leur retour en France où elle n’est plus qu’une femme blessée, perdue. Et Khady, sur laquelle j’ai versé bien des larmes, le plus aboutie de ces trois portraits, subira la torture de l’humiliation et de la trahison. Khady, sans-papiers, et peu d’espérance au cœur, toujours aux frontières du bien et du mal, dans un désir d’innocence du faux et du vrai, de celui ou de celle qui va poignarder, de celui ou de celle qui va caresser. Mais encore que dissimule la caresse ? Khady subit les ravages de la violence, qu’elle soit familiale ou sociale, mais toujours physique et mentale, avec au-dessus d’elle, ce grand oiseau aux longues ailes grises. Khady, comme Norah ou Fanta, est douée d’un talent rare qui sublime le roman : celui de la miséricorde. Avec toujours, dans la prose introspective et exigeante de Marie Ndiaye, une part d’irréalité et de magie.


Marie Ndiaye, Trois femmes puissantes, collection Blanche, éd. Gallimard


 

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