19.05.2009

Retour d'Inde (II)

India_(Delhi)_iStock_000001307820Small_rdax_500x335.jpgDe mon voyage en Inde, je suis revenue avec une foule d’anecdotes semblables. J’en livre encore une dernière parce qu’elle m’a beaucoup intéressée. Elle m’a été racontée par Anuradha Waglé, professeur de français dans une université et présidente de l’Association des professeurs de français en Inde. Anuradha, comme nombre d’Indiennes, vit avec sa belle-famille, beaux-parents, beau-frère, etc. Un jour, elle décide de s’habiller à l’occidentale et d’oublier le sari. Désapprobation immédiate de sa belle-mère. Elle interroge son mari qui la laisse libre de décider si elle se range ou non à la demande de la famille. Pour Anuradha, pourtant toujours déterminée à faire entendre et la voix des femmes et celle du progrès, l’incident n’a aucun caractère de gravité et réfléchit-elle, le sari fait partie de la culture. Finalement c’est la culture qui l’emporte. La garde robe d’Anuradha est composée d’une centaine de saris ! « J’ai presque honte, » avoue-t-elle à mi-voix, rejetant d’un geste familier le pan du voile orange qui vient de découvrir son épaule.
Il y aurait tellement d’autres combats dont je pourrais parler : celui de l’écrivain et  chercheuse, Noor Zaher, dont le roman, le premier en anglais : My God is a woman, est dédié aux femmes musulmanes pour la protection desquelles, Noor suggère d’élaborer un projet de loi. Un roman qui rencontre un tel succès à Bombay que les librairies ont été dévalisées. J’ai échangé avec Noor, lors d’une conférence au Chavan Auditorium, grâce à Vidya Vencatesan, modératrice de l’événement, responsable des études indiennes à l’université de Mumbaï et secrétaire honoraire de la Société Asiatique de Mumbaï. Avec Noor et moi, il y avait aussi Kavita Mahajan, autre écrivain, qui, elle, mène un combat semblable à celui de Asavari, en faveur des Indiennes atteintes du HIV et contaminées par leur mari. Depuis la publication de « Bhinn » et de « Br » « Br », Kavita est un auteur déjà célèbre de langue Marathi.
Trois femmes, trois écrivains, toutes cultures et sociétés confondues, ont partagé, ce jour de mars 2009, au Chavan Auditorium de Mumbaï, une même volonté de mener à bien des objectifs de vie, des désirs, des combats, des sentiments identiques.
Ecrire, c’est s’en aller en soi pour dire le monde et se retrouver.

Quand j’ai quitté New Delhi, dernière ville visitée, et que l’avion a décollé de la terre de l’Inde, j’ai vécu un moment de grande émotion. Derrière le brouillard de mes yeux embués, est apparue une image : l’Inde portée par des millions de femmes dont les saris étincelaient sur fond de ciel transparent.

Maryse Wolinski

Commentaires

Hi...

How r U?
Regards.

- Kavita Mahajan

Ecrit par : Kavita Mahajan | 30.05.2009

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