18.05.2009

Suite voyage en Inde

goa.jpgMême dessein à Goa, où, Marise, un professeur de la petite université de Penjim, toute peinte de rose, plantée au milieu des bougainvilliers, affirme qu’ici, les mères préfèrent donner à leurs filles une éducation plutôt qu’une dote. Et une autre enseignante, Shaila, directrice des études féministes, de confirmer. Pour cette chercheuse, les Indiennes sont en marche à un pas plus accéléré encore que celui de l’Inde. Elle raconte : « En 1975, lors de la journée internationale de la femme, l’Etat a lancé une initiative sur l’état des lieux des femmes dans le pays. Un rapport a été rendu public, rapport dont le gouvernement n’a pas vraiment tenu compte, aussi des femmes engagées l’ont rappelé à l’ordre. Et c’est ainsi que furent créés les centres de recherches sur les études féministes dans un certain nombre d’universités. » Résultat : de ces lieux de recherches proviennent toutes sortes de travaux d’où sont issus bien des projets de loi. Celui par exemple sur le silence du médecin lors de l’échographie pré-natale. Une loi qui devrait mettre un terme à l’élimination des petites filles et à l’idée qu’un garçon sécurise une famille tandis qu’une fille l’appauvrit (à cause de la dote). Ainsi, il est suggéré aux futurs parents de ne pas questionner le spécialiste sur le sexe de l’enfant car celui-ci n’est plus autorisé à le révéler. Dans certains centres médicaux, une affiche est placardée sur la porte de la salle où est effectué l’examen : « Ne demandez pas au médecin le sexe de votre enfant, il n’a pas le droit de vous répondre. »
Quel beau combat que celui de la mise en application de cette loi ! « Oui, mais est-elle vraiment appliquée, » ai-je demandé à mon informatrice, moi française, et donc habituée à attendre des années pour qu’une loi, votée au parlement, et qui concerne l’évolution de la société, soit enfin mise en application. D’après Shaila, pour la loi sur le silence de l’échographe, la vigilance est de rigueur. Les médecins sont censés se taire, censés noter le sexe de l’ensemble des enfants qui naissent, liste remise au gouvernement. Censés, seulement.
Autre projet issu des mouvements de femmes : la prévention contre la violence conjugale.  Au Rajasthan, une jeune femme, du nom de Vishaka, secrétaire dans une société, s’était heurtée à ses supérieurs hiérarchiques et avait répandu le bruit de l’incident au sein de la société. Pour la punir, ses supérieurs la violèrent. Vishaka alla jusqu’au procès et gagna. Désormais, dans chaque département, il existe une commission qui porte le nom de cette Indienne audacieuse : commission Vishaka.

Maryse Wolinski

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