16.05.2009
Retour d'Inde
Des amis français m’avaient mise en garde : « Te connaissant, il te faudra deux ou trois jours pour t’accoutumer à l’Inde et encore… » Tels étaient leurs mots. Je ne comprenais pas. Ils précisaient maints détails sur les odeurs, la foule, la pauvreté, les cadavres sur les trottoirs. En fait, je les laissais dire et intuitivement, je balayais ces clichés.
Soudain, je descends les quelques marches de la passerelle et m’apparaît le ciel indien, très haut, très blanc, plus loin, l’aéroport. Puis, c’est le sourire du chauffeur de l’Alliance française qui m’attend et le parcours entre l’aéroport et le centre ville de Mumbaï. Parcours semé d’embouteillages. Telle une caméra, mes yeux filment les faubourgs de tôle ondulée d’où s’extirpent de vaillants saris flamboyants. Quelque chose de tout à fait subtil s’insinue en moi, comme une sorte de magnétisme. Cette fourmillante population, active, pressée, dans un élan, ces couleurs fraîches, vives, panachées, qui tranchent avec le vert franc de la nature, et déjà, aux abords de la ville, ces parfums enivrants d’épices, c’est bien l’Inde telle que je l’avais comprise à travers reportages, romans, récits, et ma propre imagination. « Mon Inde » m’apparaît comme l’Inde d’aujourd’hui, l’Inde en ébullition, en réflexion, en projection. L’Inde debout.
L’Inde suggère les extrêmes. Cela aussi m’avait été dit. Rejet ou fascination. Pour moi, ce sera fascination. D’emblée. Et plus encore après les fabuleuses rencontres que j’ai pu y faire. Voilà une terre d’où j’aurais pu être issue dans une vie antérieure. Une Inde qui se livre, se partage. Sans concessions ? Non !
17:20 Publié dans Point de vue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : maryse wolinski, presse, livre, littérature, actualité, la mère qui voulait être femme














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