13.10.2008

Lettre d'Amour par Léa Renoir

medium_P1020044.jpgQuelques mots de nous
Par Léa Renoir


Bruissement de pas.
Eté pluvieux. Chaleur mondaine. Au détour d’une rue placide. Une table dressée à l’envers. Paysage sur. Une rencontre passagère ? Une phrase légère ? Un vin bouchonné ? Un café désavoué ? Un rire ?
En plein Paris, “Somewhere over…” Wait. Just a minute. Suspension. Air. Blagues légères. Jupes dérobées. Cravate à l'envers. Boutons de manchettes. Regards. Ecritures décalées. Horaires contrariés.

Non. L’écriture n’a pas d’heure. Pas de priorité. Elle se pose. Là. Sur la table. Sur l’échange improbable de couteau. Sur les fringues subtiles d’une marchande de bonne aventure. Un vent léger. La pluie n’est pas loin.

medium_©SoniaBressler62.jpgOrage. Tonnerre. Oui de la PASSION. Vibrez. Oui vibrez. Mesurez. Notre écart. Grand écart. J’ai à peine trente ans. Et vous ? La raison n’est pas mère de la passion… Par contre la passion, elle… Est mère de tout… Night & day.

Reprenons. Un verre de vin. Un avion posé. New-York. Paris City. Décrochage du paradis. Je vous agace. Je pique. Où ? Là… Juste au creux de l’oreille. Clavicule du bonheur. Bas du dos. Anthologie érotique. Sapho. Une douceur. Un sucre d’orge. Une saveur estivale. Loin de la mer. Une main se dérobe. La table valse. Un humour transversal. Sémiotique de l’instant. Mince. J’ai perdu la main.

Reprenons. Jeux de langues. Langage écarté. Déjouons la séduction. Une veste. Un sac. Ce seront les fauteuils rouges. Canapés centrés. D’un grand hôtel. Un ut en tétia. Majeur. Opus… Une coupe d’espionnage. Saveurs improbables d’un bar qui ferme trop tôt.

finde.jpgC’est une envie. Tenace. Danser. Musique. Sensuelle. Amérique latine. En arrière salle. Gare du désespoir. Délectation de mers lointaines. Ecumes de désir. Fonds rouges. Lune incandescente. Suivre vos pas enchevêtrés.

Ils me tournent. Dos à dos. Dos nus. Bras tendus. Expression. Révolution. Sur fonds de Tequila. Vos épaules. M’entraînent. C’est un pari. Pris. Perdu. Qu’importe. J’ai gagné ma danse.

Milieu de parquet. Regards contre regards. Poitrines emmêlées. Votre Chili veut mener. Je dois suivre. En est-il ainsi du tango ? De notre tango. Air de voyages. Casa Rossa. Collines où êtes-vous ? De haute corse en îles italiennes. Exils amers.

Nous pivotons. La mer en refuge. Crevasse des désirs aboyés. La Cumparsita de Nieves Quintero se passe de mots. Vos yeux s’enflamment. Ombres de lumière. Sciures jetées. Courbes. Méandres. Notes. Mains fermes. Orientées. Savourées.

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Maîtrise du geste.
Chaque note. A un pas. Une palpitation. Neruda écrase son cigare. Le poème coule. Et nos souvenirs émergent de la nuit où je suis. Où je ne suis pas. Vos sept voiles se dissipent.

Vous sur votre île.
Moi sur la mienne. Un rocher de distance. Une île rousse. Sauvage. Mer déployée. Le monde tourne en sa nuit. Vous souriez. Vous ne menez plus. Le jeu. Séduction sans fin. Spirale. Affrontez vos peurs. Eveillez vos murmures. Le destin n’est pas loin. Imaginez un tango sur nos mers retrouvées.

Ecume mouillée. Bue aux premières lueur du jour. Laurier rose. Laurier blanc. Figues de jour. Les cris des enfants dans la rue. Le vent renverse la fenêtre. Rideau d’extases. Pluie estivale. Votre jambe au creux des miennes. A la renverse. Corps dansés. Corps dansants. Vos lèvres si proches. Fin du tango. Le parquet se referme.

Un escalier.
Rambarde dorée. Quelques étoiles. Suite 312. Une bouteille de champagne nous suit. Valse incertaine. Vous souvenez-vous ? De notre premier rendez-vous ? Serait-ce un baiser volé ?

Une danse. Chavirement. Un drap plissé n’indique pas tout.

Je vous aime.

Paris, le 22 septembre 2008
Léa Renoir

Commentaires

Merci merci d'avoir publié cette lettre, ma lettre, ciel ma lettre... Ces quelques mots de nous.

A bientôt
Encore bravo pour votre blog !

Écrit par : Léa Renoir | 13.10.2008

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