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18.07.2008

En direct d'Avignon (III)

b21906e5b8c57b5f3e72ab4b3f3345ac.jpgPlateau de bois nu sur structure de métal, seule une radio diffuse, et dans son prolongement, les rails de chaque destinée imprimée depuis la nuit des temps dans le ciel étoilé. Les comédiens sont là, tout autour, attendant l'embarquement des spectateurs...

d411854cdd9e6052aeb22a4babc4a41a.jpgJuste le temps pour Amalric et Mesa de tester la matière, les contraintes, les forces, et à quatre corps ils attaquent le plateau en ses quatre points cardinaux. Les voilà amarrés au monde, prêts à le questionner, prêts à nous bousculer, quatre forces vivantes et dansantes - très beau travail chorégraphique - offertes aux quatre éléments.

D'abord un parcours du combattant, ensuite, l'ivresse que procure le texte de Claudel. Quatre heures de dérive entre trois hommes. Entre désir d'amour et pouvoir d'exister. Très belle performance sur fonds de mistral. Envoutante Ysée (Valérie Dréville).

Informations :
"Partage de Midi" de Paul Claudel - création, conception et mise en scène de Gaël Baron, Nicolas Bouchaud, Charlotte Clamens, Valérie Dréville et Jean-François Sivadier - les 6, 8, 9, 10, 11, 12, 14, 15, 16, 17, 18, 22, 23, 24, 25 et 26 juillet à 21h 30 à la Carrière de Boulbon. Durée 2 h 45 - Navette d'Avignon et restauration sur place - Location au 04 90 14 14 14.

17.07.2008

En direct d'Aix en Provence

c1ae57d5a4bf264cf80244dbf2dc3635.jpg Le Festival d'art lyrique d'Aix-en-Provence présente le plus célèbre opéra de Mozart, Cosi fan tutte.
Le réalisateur iranien Abbas Kiarostami qui s'essayait vendredi soir pour la première fois à l'opéra a signé au festival d'art lyrique d'Aix-en-Provence, un "Cosi fan tutte" de Mozart tout en classicisme, avec cependant quelques échos discrets à son cinéma.


L'opéra débute dans un café. Il n'a pas été reproduit sur la scène mais a été filmé par Kiarostami en noir et blanc et projeté sur un écran géant qui sert de toile de fond à la scène.

Alors que Guglielmo (Edwin Crossley-Mercer, baryton) et Ferrando (Pavol Breslik, ténor) devisent avec Don Alfsonso (William Shimell, baryton-basse) de l'infidélité des femmes, les consommateurs du café, sur écran, les suivent du regard, semblant participer à la scène qui se joue devant eux.

82729abbeb4da00f7698b8c961bf8680.jpgL'auteur du "Goût de la cerise", Palme d'or à Cannes en 1996, a ainsi choisi la mise en abîme, renvoyant les spectateurs installés dans la cour de l'ancien Archevêché d'Aix pour assister à la représentation, aux figurants de cinéma présents sur écran derrière la scène. Alors que l'intrigue se noue - Guglielmo et Ferrando parient avec Don Alfonso que leurs fiancées respectives, Fiordiligi (Sofia Soloviy, soprano) et Dorabella (Janja Vuletic, mezzo-soprano), ne peuvent les tromper - le réalisateur choisit d'emmener les spectateurs dans la baie de Cassis.

Sur l'écran géant: une succession de plans fixes, rappelant le caractère contemplatif et dépouillé du cinéma de Kiarostami. La mer, l'immense falaise qui borde la baie et dont les pierres changent de couleur au fil du jour, les nuages qui traversent le ciel. Le jeu de scène des chanteurs, tout comme les costumes, se révèle quant à lui très conforme à la tradition.

Et si le réalisateur a confié dans certaines interviews avoir essayé de s'écarter de la légéreté d'un thème proche du vaudeville pour chercher l'universel, le spectacle reste conforme à son étiquette d'"opera buffa", notamment au travers du personnage de la servante, Despina, magnifiquement interprété par Judith Van Wanroij.

Côté chanteurs, justement, Pavol Breslik s'est lui-aussi montré excellent alors qu'il remplaçait au pied levé Finnur Bjarnason, souffrant, qui avait dû annuler sa participation dans l'après-midi de vendredi.

A la fin du deuxième et dernier acte, Kiarostami reprend le jeu qu'il avait instauré au début du spectacle en imbriquant le filmé et le scénique. Sur l'écran, un orchestre joue la partition qu'est en train d'exécuter le véritable orchestre, dans la fosse, sous la baguette de Christophe Rousset. Guglielmo et Ferrando apparaissent même sur l'écran, déambulent au milieu des musiciens pour réapparaître côté cour, cette fois-ci, en chair et en os, pour le finale.

Les spectateurs de cette 60ème édition du festival ont été séduits par le coup d'essai du cinéaste engagé sur un sentier artistique qui n'était pas le sien. Plusieurs longues minutes d'applaudissement sont venues saluer vers 01H30 sa mise en scène ainsi qu'une execution musicale inspirée de la rigueur du baroque, univers dans lequel Rousset a effectué la majeure partie de sa carrière.

Pour moi, cette mise en scène inventive, délicate, élégante met en valeur un livret désuet. Elle m'a même donné envie d'écrire "un Cosi fan Tutti".

Plus d'information sur le Festival, en cliquant là !

16.07.2008

En direct d'Avignon (II)

bf6aba894ed99f7a23f545ddba9c7b6f.jpg XXIème siècle, un homme pour trois femmes… Alors il va falloir partager. Stéphanie Bataille nous entraîne, avec sa singularité, dans l’univers d’une jeune femme accro aux hommes mariés. Des fêtes de Noël, aux regards des amis, c’est une fresque de la maîtresse contemporaine, où chacune – et même chacun – se retrouve. Evidemment, il ne faut pas s'arrêter aux quelques lignes de ce résumé.

9b15f8fdf5613dc11b32810e3c249a91.jpgStéphanie Bataille en pince pour les quinquas, mariés de préférence, fuyant les pubères timorés, biberonnés au high-tech, et les vieux célibataires repoussoirs. Naturellement, elle souffre. Elle brosse les affres de la maîtresse délaissée, qui cimente à son insu les couples en dérive. Et c’est là, dans ses moments presque intimes, où elle nous fait sourire de son désespoir. Elle nous attendrit avec ses espoirs quasi enfantins. C'est, sans doute, à certains instants, un tantinet culpabilisant pour les hommes, mais nous sommes loin de tout discours moralisateur. Même si ce sujet n'en finit pas de faire couler des littres de larmes ou encore de prose, Stéphanie Bataille offre des moments de finesse tout en cognant sec. Un spectacle à ne pas manquer, une réelle bouffée d'air !

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Le Palace

38, Cours Jean-Jaurès
84000 Avignon Plan d'accès
Tel : 08 92 68 17 42
Réservations : 04 90 86 18 71
Portable : 04 90 86 86 92


Infos pratiques :
Du 10/07/08 au 02/08/08 à 15:00 : Ts les jours
Ces informations ont été mises à jour le 10/07/2008
Informations réservations : Réservation au 04 90 16 42 17

15.07.2008

En direct d'Avignon (I)

ba1172f53ec710842769289b78556c01.jpgUn faune narcissique suscite le scandale à Avignon !
Avignon s'est transformé, il y a quelques jours, en des arènes. La critique s'est faite sentir, le public à crier et le scandale est né. A la fin du spectacle des cris ont cueilli le danseur Olivier Dubois allongé, nu, sur un tapis de fourrure dans la scène finale de Faune(s) présenté au Cloître des célestins.
Ce spectacle est composé de quatre pièces autour de L'Après-Midi d'un faune, de Vaslav Nijinski, sur la musique de Debussy ouvrait la programmation danse du Festival d'Avignon. Cette création donnait aussi le ton : outrancier mais en parfaite adéquation avec le scandale qui arrosa la première de la chorégraphie de Nijinski en 1912 au Théâtre du Châtelet, à Paris.
Ostentatoire, provocateur et fier de l'être, Faune(s) a tout d'un spectacle tendance "documentaire animalier sur les parades sexuelles". Il fait sourire par son narcissisme exagéré. Et à la fin la reprise du ballet de Nijinski, très attendue, reste étrangement problématique. Est-ce la corpulence d'Olivier Dubois qui opacifie les lignes angulaires de cette pièce de 12 minutes déroulée comme un bas-relief grec ? Autant dire que cette pièce ne soulève que des questions et des huées sans discontinuer.

Pulsion sarkosienne

3efa0e596a080830d64dbc47afde2aae.jpgPour l’heure, sur ce blog, il n’a jamais été question de politique. J’ai raconté des faits littéraires, chroniquant ma vie, mes activités, mes livres, et ceux des autres. Un blog, c’est comme un journal, avec une part d’intimité en moins.
Voilà qu’aujourd’hui, je saute le pas. Non pas à cause d’une actualité scandaleuse, alimentée chaque jour*, non, à cause d’un livre, un petit livre bref, sorti il y a quelques jours aux éditions Grasset, et qui me fait réagir : Expulsion.
« Expulsion » raconte comment son auteur, Alain Genestar a été viré de son fauteuil de directeur de Match. J’avoue qu’au début, j’étais sceptique sur le contenu du récit et même sur l’opportunité d’une telle sortie. Tenu à la confidentialité, l’auteur ne pouvait qu’effleurer un sujet déjà rebattu. A la lecture, j’ai changé d’avis. Sous les mots, derrière les phrases de son auteur, et au delà de sa propre histoire de licenciement, se glisse une réalité : celle d’une France qui se déshumanise sous la houlette d’un personnage, jouant à être roi, sous nos yeux pas encore assez écarquillés.
Qu’a fait ce malfrat de Genestar ? Tout simplement son travail de directeur de Match : publier en couverture de son journal une photo de Cécilia, à l’époque encore, Sarkosy, en compagnie de son amant, Richard Athias. Bon, ça intéresse qui ? Justement les lecteurs de Match. Comme les lecteurs du Times qui a publié le reportage photo sur ce sujet dans son édition du dimanche. Le grand Daniel Filipacchi de confirmer : « Vous avez eu raison, a-t-il dit à Genestar, je me demandais quand vous alliez publier cette histoire. » Et Filipacchi de bien connaître et les objectifs du journal et son lectorat.
Reste que celui qui n’était pas encore roi, mais ministre de l’Intérieur, et un ministre qui ne pensait qu’à être roi, et à couper des têtes, s’est payé celle du patron de Match. Facile ! Il s’est fait l’ami de l’ensemble des industriels qui, désormais, tiennent en main la presse française. Il a suffi d’un coup de fil et Genestar avait tout perdu, bien sûr son job, mais aussi, ce qui va avec, notamment une certaine reconnaissance ou plutôt une notoriété. Après lui, un certain nombre de têtes sont tombées. Sur la matinale de France-Culture, un vendredi, l’excellente Caroline Fourest en a dressé la liste. Et ce n’est qu’un début.
Du jour au lendemain, conformément aux mœurs Parisiennes, le bel Alain Genestar était passé au rang des anonymes. Depuis, il rasait sa femme avec cette histoire. Maintenant qu’il l’a expulsée de son cerveau, le voilà plus tranquille, et sa femme libérée. Quant au lecteur, s’il sait lire entre les lignes, il sera peut-être un peu plus réveillé, plus rebelle face à une actualité quotidienne qui, chaque jour, monte d’un créneau.
En ce moment, il y a du monde partout, sur les trottoirs ensoleillés, à la terrasse des cafés bondés, dans les gares, dans les boutiques en soldes, mais personne en librairie. Seul endroit où l’on respire. Profitez-en pour acheter Expulsion.


* Monsieur Guéant, conseiller du Président, se permet de décider en public, à la télévision, du sort de Patrick de Carolis, le patron de France-télévision. Sans en avertir le CSA…

06.07.2008

Marylin Alasset

342085a8f2e1b33ef481f9a782d53290.jpgMetteur en scène, scénographe et éclairagiste, Marylin Alasset a mis en scène Histoires nomades de Catherine Atlani au Café de la danse, Le plus beau de l’histoire de Christian Rullier avec Christiane Cohendy au théâtre de Vidy (Lausanne) et au festival de la Batie (Genève), ODNI au CDN de Lorraine avec Catherine Richet, C’est à dire de Christian Rullier (co-mise en scène avec Christiane Cohendy) au CDN de Reims, repris à l’Odéon (Paris), Le Chemin des troubadours à la Maison Maria Casarès (Alloue), B+B=A au Théâtre des deux rives (Charenton). Elle crée lumières et scénographies pour plusieurs festivals d’art et de chanson à Dublin, Cracovie,Varsovie, Istanbul,Tokyo... Elle enseigne au CEFEDEM de Poitiers. Elle s'est emparé de mon roman : Le maître d’amour, et a conçu avec Jean-Claude Gallota et son dramaturge, Claude-Henri Buffart, un spectacle à partir de l’adaptation de mon roman.

1/ Pourquoi as-tu eu envie de travailler sur Le Maître d’amour ?
Marylin Alasset :
Parce que ce roman mettait en scène la complexité de l’amour. Qui aime qui ? Qui est qui ? Le trouble du Genre (gender) y est traité sur le ton du romanesque d’un road-movie enfièvré.

2/ Comment le chorégraphe Jean-Claude Gallota est-il arrivé dans ce projet et qu’elle a été sa réaction ?
Marylin Alasset :
De mon désir d’associer immédiatement à ce projet un chorégraphe dont j’aimais le travail. Pour le métissage que je souhaitais entre la danse et le théâtre, il m’est apparu être le partenaire idéal. Après lecture du roman et du projet, il s’est montré enthousiaste et prompte à prendre la décision d’en faire une pièce à laquelle il associe sa compagnie.

3/ Travailler avec Gallota et moi, était-ce un désir ?
Marylin Alasset :
Ma rencontre avec toi m’a donné envie immédiatement de trouver l’idée et le projet pour que nous puissions travailler ensemble et surtout pour te mettre en scène. Quant à Gallota, une complicité artistique s’est rapidement mise en place. J’apprécie son talent, son humour, son duo de travail et d’amour avec Mathilde, sa femme, sa générosité d’homme et d’artiste.

4/ Où en est le projet ?
Marylin Alasset :
Ce qui est sûr c’est que tu seras en scène dans ton propre rôle, celui de l’auteur, détentrice du texte originel, entourée de danseurs-comédiens. Les dates de répétition sont arrêtées pour janvier 2009 et dès cet automne, nous travaillons avec Claude-Henri Buffart sur la continuité du texte.

04.07.2008

Sur Radio Classique

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