02.01.2010

Voeux 2010

voeux Alain N.jpg

Alain Nahum est réalisateur. Un réalisateur très obsessionnel mais très talentueux.
Nous avons écrit ensemble un film mémorable: La Divine sieste de papa qui fut diffusé il y a longtemps sur France 3, un soir de Noël.
Depuis, nous sommes restés amis. Entre deux films, Alain photographie. Au registre de ses obsessions de photographe, les papiers trouvés dans la rue. En voici un exemple avec cette carte de voeux que je vous offre à l'occasion de la nouvelle année. Tous mes voeux !

12.12.2009

Olivier Bétourné aux commandes du Seuil

 

_Carte Media Card_BlackBerry_pictures_IMG00099-20091210-1527.jpg

Dans les archives du blog, je retrouve un article publié à la fin de l’année 2007 intitulé :Les tribulations d’un titre.

Dans cet article, je racontais comment j’avais été contrainte par la direction de ma maison d’éditions d’oublier le titre qui m’avait portée pendant toute l’écriture de mon roman, puis d’en accepter un autre, certes que j’avais proposé, mais qui avait été décidé en réunion commerciale sans que j’en sois informée. Cela se passait aux éditions Albin Michel.


Après les tribulations d’un titre, il y eut les tribulations d’une illustration de couverture. Depuis quelque seize ans que je publiais chez cet éditeur, j’étais habituée aux conflits qui résultaient de la recherche de l’illustration. Je m’opposais toujours pour au final, laisser faire et ensuite assumer (difficilement).

En décembre 2007, j’ai craqué.

Après le titre et l’illustration de couverture, il y eut les tribulations d’un livre.


Imprimé et préparé pour être publié aux éditions Albin Michel, mon roman, La Mère qui voulait être femme, sera édité aux éditions du Seuil. Un transfert assez insolite dont je dois la réussite à deux hommes, deux éditeurs : Olivier Bétourné, alors directeur général des éditions Albin Michel, un ami de longue date, et Denis Jeambar, PDG des éditions du Seuil. En une semaine, nous avions réglé et le transfert, grâce à la vigilance d’Olivier, et l’illustration de couverture, grâce à la volonté et la promptitude de Denis et de ses collaborateurs.

J’avais croisé Denis Jeambar comme patron de presse, je le retrouvais comme éditeur. Nous avions la même formation, j’étais sûre avec lui de faire un pas de plus dans ma carrière d’auteur.

Deux ans ont passé. Le Seuil est devenu « ma » maison d’éditions. J’y suis bien. La collection Points (poche Seuil) publie mes deux premiers romans, édités au début des années 90, sous l’égide de l’inoubliable Françoise Vernis, aux éditions Flammarion : Le maître d’Amour et Au Diable Vauvert.

Entre temps, J’ai proposé à Denis un prochain roman qui devrait être publié en 2010 et j’ai gardé comme premier lecteur, Olivier Bétourné. Un lecteur hors pair.

Ces derniers mois, quelques péripéties ont agité Le Seuil, la presse en a largement rendu compte. La démission du jeune directeur général, Thierry Pech, m’a étonnée et déçue. Nous avions eu un très bon contact.

Enfin, le 8 décembre dernier, Denis Jeambar, appelé à d’autres fonctions, Hervé de La Martinière, président, nommait Olivier Bétourné, PGD du Seuil.

J’étais triste et gaie à la fois. Triste de perdre Denis, gaie de retrouver Olivier.

 

J’avoue que souvent j’avais espéré le retour d’Olivier aux éditions du Seuil, pour ses qualités rares de lecteur et d’éditeur. Il connaît tous les rouages du métier et les apprécie tous : le contact avec les auteurs, calculer les chiffres de vente, (imbattable !), travailler sur les manuscrits (il y passe ses dimanches), les défendre, en faire la promotion. Toujours avec talent, courtoisie et humour. Il a bâti sa réputation sur les sciences humaines, il est aussi un vrai lecteur de fictions.

Pour Olivier, c’est un retour à la maison mère, celle qui l’accueillit en 1977, tout jeune diplômé de Sciences-Po, et dans laquelle, durant dix sept années, il occupera les postes de directeur de collection, secrétaire général et conseiller éditorial.

Aujourd’hui réalise-t-il un rêve ?

Olivier est un homme pudique, discret. Nous ne le saurons pas.

 

Maryse Wolinski

11.11.2009

Lait noir de Elif Shafak

Elif_Shafak_Lait_noir.jpgIl était urgent d’écrire ce livre. Pour l’auteure, Elif Shafak, jeune écrivaine turque à succès, et pour toutes les femmes, oscillant entre le désir d’être mère et celui de rester femme. Elif a commencé par mener une enquête sur le désir de maternité des femmes écrivains et leur passage ou non à l’acte. Convoquées, Simone de Beauvoir, Jane Austen, Anaïs Nin, Sylvia Plath, Doris Lessing n’encouragent pas notre enquêtrice à devenir ce que l’une de ses voix intérieures définit comme « trapéziste », écrivain et mère à la fois.  Ecrire, c’est prendre et voler, les écrivains sont en quête de matériaux, réagit Elif, tandis que la maternité est un don. Décision prise, elle n’enfantera pas, peur de ne plus être en accord avec son cerveau. Mais voilà que l’amour est un philtre qui rend possible l’impossible. Et Elif de cesser d’être en guerre avec son corps et le chœur de ses voies intérieures. Elle se prépare à attendre l’enfant annoncé. Plus le ventre grossit, plus les peurs s’amplifient. Ecritures, lectures, ont disparu de ses envies. Corps, esprit, tout est dissocié, morcelé. Et bébé vint ! Avec un baby blues qui se transforme en une dépression qu’aucune chimie ne peut catapulter. Bébé pleure, mais elle aussi.

De ces interrogations sur la maternité et de cette dépression post-natale vécue dans la douleur, Elif Shafak fait un roman subtil, avec ses voies intérieures façonnées comme autant de petits personnages magiques et non dénués d’humour. Reste que jouer les « trapézistes » n’est pas une sinécure !

Lait noir de Elif Shafak, Phébus, traduit du turc par Valérie Gay-Aksoy

08.11.2009

Les Femmes au bain de Leïla Sebbar

les-femmes-au-bain-b_50929803vb.png

 

Le premier roman de Leïla Sebbar, l’auteur d’un petit livre plein de saveur : Les Femmes au bain, s’intitulait : Fatima ou Les Algériennes au square. Une bonne vingtaine de publications ont suivi. Ce qu’elle aime, Leïla, c’est faire parler les femmes. Et notamment les femmes de ce pays, l’Algérie, dont elle ne connaît pas la langue mais dont seul, son père est originaire. Romans, récits, nouvelles, où les héroïnes, au fil des mots toujours expressifs, souvent poétiques, deviennent de merveilleuses conteuses, voire de rusées magiciennes. Dans ce roman : Les Femmes au bain, une fois encore, elle écoute ce que lui chantent ses souvenirs, ce que propagent en elle les échos de ses gênes, ce qu’elle sait aussi des longues séances au Hammam, ce lieu où les femmes arabes retrouvent la liberté de parole. Elles bavardent, elles jacassent, ces héroïnes souvent anonymes, elles s’enivrent de ces mots qui leur donnent des frissons et les rendent plus belles que belles : désir, plaisir, amour sauvage, volé, interdit, tabou. L’amour partagé avec un homme rêvé, jeune toujours, et beau, bien sûr. L’amant magnifique, le fulgurant, qui leur fait écarquiller les yeux mais que les pères, les maris, les frères, traîneront en prison. Des hommes, elles ne veulent connaître que lui. Les autres, pères, maris, frères, les soumettent, leur enlèvent leur beauté, leur volent leur pureté. Récits épars, de voix, jeunes ou vieilles, mêlant des légendes qui respirent le poids des ans et des histoires d’aujourd’hui comme calquées sur les légendes. Récits de combat et de résistance sous le couvert de la soumission.

02.11.2009

Une femme à la tête de l’Unesco

m_1253987582.jpg

Il aura fallu cinq tours de scrutin, le 22 septembre dernier, pour que Irina Bokova soit élue directrice générale de l’Unesco. Une victoire historique : elle sera la première femme à diriger cette grande institution, partenaire de Femmes 3000, au cours de ces dernières années. Un partenariat que nous souhaitons renouvelé. Elle sera aussi la première directrice originaire de l’Europe orientale.

Irina Bokova occupait, depuis 2005, le poste d’ambassadeur de Bulgarie en France et auprès de l’Unesco. Elle connaît donc bien et la France et l’Unesco. Agée de 57 ans, cette mère de famille, polyglotte, a devant elle un vaste chantier à sa mesure : de la création de nouveaux programmes d’éducation à la sauvegarde d’un patrimoine trop souvent menacé, en passant par la défense d’une véritable liberté d’expression.

Au temps de la dictature communiste, la nouvelle directrice de l’Unesco a bénéficié d’une formation très privilégiée, grâce à son père, personnage important du Parti Communiste Bulgare. Après des études secondaires en anglais, elle a intégré le célèbre institut des relations internationales de Moscou. Véritable pépinière de talents. Une fois diplômée, dès les années 80, elle est nommée conseillère aux Nations Unies. Commence pour elle une carrière internationale, suivie dans la foulée de la chute du mur de Berlin, d’une carrière politique.

« Je n’ai jamais cru au conflit des civilisations, » a-t-elle affirmé, lors de son élection. Son objectif : construire un nouvel humanisme dans un contexte de dialogue et de tolérance. Bon vent, Madame Bokova !